René GÉRARD (1920-2008)

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Le 8 janvier dernier, le professeur René Gérard nous a quittés. Il repose à présent à Harreberg, près du Dabo, dans ses Vosges natales où il aimait passer l’été avec Anne, sa femme. Il avait commencé sa carrière comme professeur de classe préparatoire à Nancy avant d’être nommé maître de conférences à l’Université de Lille et, au début des années 60, professeur de langue et littérature allemandes à l’Université d’Aix-Marseille où il a achevé sa carrière en 1980.

Ses anciens étudiants se souviennent avec gratitude de l’enthousiasme communicatif avec lequel il faisait partager sa passion des grands auteurs de la littérature. Alors que sa thèse d’État portait sur l’influence de l’Orient sur la littérature romantique, son enseignement privilégiait les écrivains germanophones du XXe siècle qui relèvent de la littérature universelle : Kafka, Rilke, Musil notamment. Celles et ceux qui ont eu le privilège de suivre ses cours se souviennent et se souviendront de la façon magistrale dont il déployait devant eux sa pensée dans un allemand riche de nuances, avec une extrême sensibilité à la langue et une érudition impressionnante que Michel Vanoosthuyse et moi-même avons pu encore admirer à propos du « West-östlicher Divan » lors d’une visite que nous lui avons faite en avril 2004 à Fuveau (près d’Aix) où il résidait.

Derrière le professeur et le commentateur des œuvres majeures, on découvrait rapidement un homme généreux, prêt à partager son savoir et son expérience. Beaucoup de ses anciens étudiants s’inspirent de sa manière d’enseigner, authentique et exigeante. Il a passé la plus grande partie de sa carrière à l’Université d’Aix où il a dirigé le département d’allemand , créé en 1976 le séminaire de DEA - que beaucoup d’entre nous gardent en mémoire comme un des moments forts de leur formation de germaniste - et lancé la revue « Les Cahiers d’études germaniques » qui en sera bientôt à son cinquantième numéro. Je pense exprimer le sentiment de beaucoup de ses anciens étudiants et collègues en disant qu’il nous manque beaucoup.

Maurice Godé


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