« Les rôles transfrontaliers joués par les femmes » Colloque Lille

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Attention : envoi des propositions avant le 10 mars 2010.

Colloque pluridisciplinaire et international organisé par la composante “Voix et voies de femmes”
 de l’Equipe d’Accueil CECILLE (EA 4074), université Charles de Gaulle – Lille 3 du 16 au 18 juin 2011

Les rôles transfrontaliers joués par les femmes dans la construction de
 l’espace européen, de la Renaissance au XXIe siècle

Ayant défini ce qu’il faut entendre par “construction de l’Europe” avant
 les années 1950, le but sera de tenter d’identifier les domaines où, par
 une influence transfrontalière (sur des femmes comme sur des hommes, sur
 des institutions, etc…), des femmes ont joué un rôle (plan intellectuel, 
culturel et artistique ainsi que politique et socio-économique) et de
définir quels rôles elles ont joués. Il importera de distinguer le rôle de celles qui, individuellement, ont
 produit et diffusé des idées démocratiques allant dans le sens de ce que
 Victor Hugo, dans sa lettre aux membres du Congrès de la paix à Lugano,
 appelle “la circulation sans la barrière, l’éducation sans
 l’abrutissement… la vie sans le meurtre…, la parole sans le
baillon…” et celui de celles qui, appartenant aux très nombreux mouvements sociaux, mouvements féministes compris, ont partagé leurs idées 
et leurs forces lors de congrès, de colloques ou par le biais de
correspondances innombrables. Quelques pistes I. Rôle individuel 1. Les traductrices d’une langue dans une autre ont joué un rôle important 
pour la diffusion des idées quoique bien souvent invisible (très actives 
en Russie et en Allemagne au XIXe siècles, par exemple). La traduction
 sera prise dans la double acception (celle qui existe en allemand) du
 terme, c’est-à-dire a) le transfert d’un texte dans une autre langue b) la transmission (fidélité ? transgression ?) d’un héritage culturel,
 d’une tradition, etc. Dans ce second cas, ce serait la possibilité par
 exemple, pour les historien(ne)s des idées, de travailler sur un corpus 
peu connu et peu exploité qui est celui de la réception et de la 
transmission d’un héritage philosophique par les femmes (au-delà de Hannah
Arendt déjà bien étudiée comme penseur / philosophe) 2. Le rôle (direct ou indirect) des femmes dans la création : mécènes 
(dédicaces à des femmes mécènes, rôle de Marie de France dans la 
littérature anglo-normande), muses : cerner au plus près la définition
 qu’il faut donner à ce terme. La muse renvoie-t-elle obligatoirement à la voix ou la voie des femmes ? Ou se peut-il que, certaines fois, nous 
n’ayons affaire qu’à la création masculine ? La femme “parle-t-elle” à 
travers le discours ou l’œuvre qu’elle inspire à l’homme, ou se peut-il
 qu’il n’y ait que construction ou fantasme masculin ? 
Dans le domaine russe, les égéries sont nombreuses : les plus connues sont
 Lou-Andreas Salomé [journée sur son rôle, Lille 3, 9 octobre 2010], Olga
 Picasso, Dina Vierny, Gala Dali, Elsa Triolet et il y a peu ou pas de
 travaux universitaires sur elles. 3. Dialogues des cultures par œuvres interposées contemporaines (Nelly 
Sachs, Elsa Morante et Simone Weil) ou non (Belle van Zuylen, Mme de
 Staël…), avec des hommes comme avec des femmes (par exemple : “comment des œuvres se font écho dans un dialogue avec, par exemple, l’histoire du 
totalitarisme européen”), épistolarité (Mary Delany-Rousseau…). 4. Transmission de la culture : a) rôle des femmes dans la promotion de l’enseignement des langues
 vivantes européennes, par opposition au latin, langue des clercs 
masculins. b) les femmes au théâtre : les représentations des femmes au théâtre et le
degré d’adéquation de ces représentations à la réalité ; les femmes auteurs
 (ou traductrices) de pièces de théâtre, les femmes actrices, conséquence
 directe en Angleterre de l’exil de Charles II sur le Continent c) leurs relations avec d’autres femmes et avec des hommes (par leur
 appartenance à des sociétés savantes et à des institutions/académies…) ; travail de femmes biculturelles (Marina Warner [anglo-italienne], Michèle
Roberts [anglo-française]…) sur des mythes féminins 5. Les voyageuses Nombre de femmes notamment de lettres et de romancières ont voyagé dans
toute l’Europe, le plus souvent accompagnées de leurs époux, et ont laissé
des traces de leurs échanges avec les sociétés étrangères dans lesquelles
 elles séjournaient. a) De ce point de vue, après l’originalité du voyage de Lady Mary Wortley
 Montagu et de ses Turkish Letters, le parcours de Mary Wollstonecraft qui,
 pour être exceptionnel, n’est sûrement pas unique et qui l’a conduite en Irlande, au Portugal, en France, en Suède, etc., pays sur lesquels et dans 
lesquels elle a écrit abondamment. La vie de Mary Shelley offre aussi un 
exemple très frappant.
 Beaucoup d’autres, dont les vies n’ont pas été analysées sous cet angle,
 pourraient faire l’objet d’une étude suffisamment précise pour que l’on
 puisse dégager des lignes d’influence entre visiteuses et populations autochtones. b) Considérer des parcours plus aventureux, notamment celui des
 domestiques qui accompagnent leurs maîtresses dans ces séjours à 
l’étranger et qui se lient nécessairement avec la population locale. c) Représentations de la femme victorienne à la conquête du Continent : Le
 Continent est plus accessible (progrès techniques [Londres-Paris en 12
 heures par le train et le « steam-packet »] ; développement des facilités
 bancaires et diplomatiques [Consular Act de 1825], l’amélioration de
 l’accueil hôtelier sur le Continent, développement du tourisme de masse,
 avènement des “Little Englands” sur sol étranger (dont la Côte d’Opale, 
lieu de refuge des amours illicites et, plus tard, l’internationale
 naturaliste), donc l’Europe devient une réalité plus tangible. L’esprit impérialiste puise dans les voyages transfrontaliers une deuxième vigueur.
On s’interrogera sur la spécificité du voyage au féminin et sur la représentation artistique de la découverte de l’Autre, vu spécifiquement au féminin. Un aspect particulier du voyage au féminin serait le
rôle du voyage de noces dans l’éveil d’une conscience transnationale. Les 
tensions et contradictions de l’époque seront examinées : clichés sur le
 Grand Tour revisités, nouvelle vision de la mondanité : découverte de
terres d’inspiration nouvelles sur le Continent (question de 
l’orientalisme dans le contexte post-darwinien). À la croisée de l’individuel et du collectif : le rôle des femmes dans le 
domaine politique de la construction européenne. On pourra partir de 
Marguerite de Valois (promise d’abord au roi Carlos du Portugal, puis au
 roi d’Espagne, elle connut les affres de la politique matrimoniale de sa 
mère Catherine de Médicis, qui voyait en sa fille le meilleur moyen d’une 
alliance transfrontalière). Elle alla dans le sud des Pays-Bas (Nord de la
 France et Belgique actuels) pour le compte de son frère cadet. L’analyse
 de cette position privilégiée dans la construction d’une Europe en devenir
serait fructueuse.
 Au XXe siècle, parcours de telle ou telle ou rôle des femmes dans les
 instances communautaires : commissions, Conseil de l’Europe… II. Rôle collectif 1. Politique : a) L’un des lieux de transfert potentiel, peu exploré, c’est l’existence
 d’une composante internationaliste dans le féminisme de la fin XIXe-début 
XXe siècles (coopération entre les mouvements suffragistes européens avant
 1914). Voir l’influence du premier congrès féminin pan-russe de 1908. b) Échanges entre les milieux impérialistes féminins en Grande-Bretagne,
 en Belgique et en France c) Coopération entre les sections féminines des grands partis britanniques
 et leurs homologues françaises, belges et allemandes, et ce pas
 uniquement dans le cadre des partis de gauche, mais entre les partis de 
droite européens. d) Éléments de collaboration transfrontalière dans l’entre-deux-guerres 
entre les Women’s Institutes, la League of Nations Union et les mouvements 
féminins internationalistes et pacifistes du Continent. 2. Culturel : a) Explorer l’effort de coopération, et donc d’échanges/transferts 
potentiels à l’occasion de la mobilisation des femmes dans des 
structures associatives à caractère philanthropique et/ou eugéniste, en 
particulier dans le cadre d’une réflexion/comparaison à l’échelle
 européenne des politiques sociales destinées à améliorer les condition de
vie des populations féminines et enfantines. b) la coopération des organisations féminines à caractère religieux
 (l’Église anglicane est dotée de telles structures, mais les autres
 obédiences protestantes le sont également) et leurs homologues
 protestantes et/ou catholiques françaises (là aussi dans l’entre-deux-guerres).

Ce colloque sera précédé ou suivi de journées d’études sur des thèmes 
spécifiques liés à sa thématique.

Les propositions de communication (400 mots maximum, accompagnées d’un
 bref CV) sont à envoyer par courrier électronique à Guyonne Leduc (guyonne.leduc@univ-lille3.fr) pour le 10 mars 2010.

Les propositions seront examinées de façon anonyme par un comité
 scientifique pluridisciplinaire qui rendra son avis en mai 2010. Une publication est envisagée dans la collection “Des idées et des 
femmes”(L’Harmattan) ; les tapuscrits seront soumis à un comité de lecture
en vue de la publication. Renseignements auprès
 de Guyonne Leduc, professeur à l’UFR Angellier,
et de Jean-François Delcroix (jean-francois.delcroix@univ-lille3.fr),
responsable administratif de l’EA CECILLE.

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