voir aussi le site du ministère (copier le lien) : http://www.education.gouv.fr/cid547…
ALLEMAND Depuis la session 2009 du concours, il appartient aux candidats de se conformer dans leurs productions écrites aux normes orthographiques désormais en vigueur en Allemagne (« nouvelle orthographe »). Les textes qui leur seront proposés (sujets de compositions, textes de version) respecteront l’orthographe de l’éditeur. Les citations dans les travaux remis au jury seront acceptées soit dans l’orthographe de l’auteur, soit dans une transcription respectueuse des règles actuelles, sous réserve de cohérence.
I - Tronc commun : 1 - Andreas Gryphius, Gedichte Œuvre au programme : Gedichte, RUB 8799, ISBN 978-3-15-008799-2. On étudiera l’apport de Gryphius à l’art du sonnet et on s’intéressera particulièrement à la manière dont son lyrisme se place dans la continuité de la réforme d’Opitz, tout en y ajoutant une note personnelle alliant l’équilibre de la forme et la confession sincère d’un homme témoin de son époque. On étudiera aussi plus spécifiquement les différents procédés rhétoriques auxquels recourt le poète (ressemblance, gradation, opposition, etc.) et l’on se demandera dans quelle mesure son œuvre est une illustration de l’esthétique baroque. Le rôle de la guerre de Trente Ans sera pris en considération, tout comme la référence au stoïcisme et l’expression d’une sensibilité religieuse à la fois nourrie de luthéranisme et influencée par la tradition de l’exégèse biblique, alliant la conscience du néant du monde terrestre (thématique de la vanité) à la confiance dans l’action salvatrice de Dieu.
2 - Heinrich von Kleist : Prinz Friedrich von Homburg, RUB 178, ISBN : 978-3-15-000178-3 et Die Hermannsschlacht, RUB 348, ISBN : 978-3-15-000348-0. Profondément affecté par la défaite infligée aux armées austro-prussiennes par Napoléon, Kleist s’engage dans la résistance à travers ces deux drames. En prenant pour sujets deux importants jalons de la conscience historique allemande (la victoire d’Arminius contre les Romains en l’an 9 après J.-C. et celle du grand électeur de Brandebourg contre les Suédois, à Fehrbellin, en 1675), l’auteur entend mobiliser ses compatriotes et apporter sa contribution au mouvement de redressement national. Cet ancrage historique des deux drames retiendra particulièrement l’attention et l’articulation entre les différentes strates temporelles servira de base à leur étude. Au-delà de leurs convergences thématiques et idéologiques, les deux œuvres seront aussi considérées dans leur spécificité, chacune abordant la problématique historique sous un angle propre. Si la question nationale occupe une place prépondérante dans Die Hermannsschlacht, en prise directe avec l’actualité historique, elle est complétée par d’autres thématiques dans Prinz Friedrich von Homburg, qui en élargissent l’approche. On songera notamment au motif/leitmotiv kleistien du rêve, à l’analyse des rapports entre l’individu et la société, à la réflexion sur l’État et sur le droit, à la crise du sujet. Il conviendra, enfin, d’accorder toute la place qui lui revient à la dimension proprement théâtrale des œuvres et de s’interroger sur la notion de drame historique dont ces deux pièces, héritières d’une importante tradition, sont aussi l’illustration.
3 - La réflexion anthropologique de Kant Texte de référence : Immanuel Kant, Werkausgabe in 12 Bänden - XI : Schriften zur Anthropologie, Geschichtsphilosophie, Politik und Pädagogik. Band 1, Suhrkamp Verlag, ISBN 3-518-27792-8 La question d’histoire des idées porte sur la réflexion anthropologique de Kant, qui consiste à étudier l’homme tant au plan individuel que collectif. Il conviendra de situer cette réflexion dans le cadre général de la pensée kantienne et de dégager les enjeux philosophiques d’un tel réalisme empirique. On se demandera ainsi dans quelle mesure la prise en compte de l’histoire empirique des hommes et le constat de leurs dissensions comme de leur diversité (races, caractères nationaux, tempéraments individuels) s’accordent avec la visée universaliste caractéristique de l’Aufklärung. On s’intéressera particulièrement à la question de la destination morale de l’homme. Les différents textes regroupés dans le recueil de référence (volume 1 exclusivement) pourront être mis à profit pour retracer les contours d’une conception singulière de la culture et de sa genèse dans laquelle la nature joue un rôle essentiel qu’il conviendra de préciser. De même examinera-t-on la façon dont Kant envisage l’existence d’un destin commun du genre humain centré sur l’idée de cosmopolitisme qui fait des hommes des « citoyens du monde ».
4 - Alfred Döblin : Berlin Alexanderplatz. Die Geschichte vom Franz Biberkopf, Roman, DTV, 2009, ISBN 978-3-423-00295-0. Berlin Alexanderplatz, paru en 1929, sera replacé dans son contexte historique, social et littéraire. On étudiera le regard que porte l’écrivain sur la réalité kaléidoscopique de la grande ville moderne et on s’efforcera de dégager sa conception du « héros » confronté à lui-même et aux obstacles que la vie dresse devant lui. On s’interrogera sur le projet avoué de Döblin de créer une « œuvre épique ». On consacrera une attention particulière à l’architecture et à la composition du roman, aux formes d’écriture et aux techniques narratives. On pourra tirer profit des adaptations à l’écran de ce roman de la modernité par Piel Jutzi (1931) et par Rainer Werner Fassbinder (1980) ; toutefois les sujets (d’écrit ou d’oral) porteront uniquement sur le texte de Döblin.
5 - L’Empire austro-hongrois : les enjeux de la présence allemande en Europe centrale (1867-1918) Ouvrage de référence : Eva Philipoff (Hg.), Die Doppelmonarchie Österreich-Ungarn. Ein politisches Lesebuch (1867-1918) / L’Autriche-Hongrie. Politique et culture à travers les textes (1867-1918), Presses universitaires du Septentrion 2001, ISBN-10 2-85939-739-6, ISBN-13 9782859397395. L’exclusion de l’Autriche du « corps germanique » à la suite de la défaite de Sadowa et de la paix de Prague a certes conduit à la réorganisation de l’Empire d’Autriche en un Empire d’Autriche-Hongrie, mais aussi à un rééquilibrage au sein de l’espace germanique. De fait, on s’intéressera tant à l’évolution des rapports qu’entretiennent les deux Empires, austro-hongrois et allemand, dans la période considérée, qu’à la question de l’identité des Allemands en Cisleithanie. On étudiera notamment les formes que prend la persistance d’une communauté linguistique et culturelle au-delà des frontières des deux Empires ; on analysera aussi les conséquences de cette persistance sur l’organisation de la vie politique, qui se fonde alors de façon durable sur un tripartisme constituant paradoxalement une spécificité par rapport à l’Empire allemand. De même, dans le contexte d’exacerbation des nationalismes, la question des rapports entre les Allemands et les autres nationalités de Cisleithanie amènera également à porter une attention toute particulière aux conséquences à moyen et long terme qu’induit la structure austro-bohême de l’État « autrichien ». En conséquence, l’étude de la Hongrie sera envisagée essentiellement dans la perspective du « compromis de Budapest » : on se penchera sur les relations qui s’établissent à cette occasion entre les deux parties de l’Empire et sur leurs incidences dans le traitement de la question des nationalités en Cisleithanie. On s’attachera en revanche pleinement à la vocation danubienne de l’Autriche-Hongrie et à ses implications balkaniques qui, en exacerbant la rivalité austro-russe, sont à l’origine immédiate de la guerre de 1914. Enfin, on étudiera l’éclosion culturelle survenue dans le contexte qui a pu être décrit a posteriori comme une « Apocalypse joyeuse » - avant que les épreuves de la Guerre de 1914 ne débouchent sur la dissolution de l’Empire et son partage entre « États successeurs ».
II - Options Option A, littérature : La poésie de l’exil en langue allemande à l’époque du national-socialisme (1933-1945) On privilégiera l’approche esthétique de la poésie de l’exil dont on analysera les thèmes et les formes. On aura à l’esprit que tous les poèmes de l’exil ne sont pas des poèmes sur l’exil : on ne se limitera pas aux textes reflétant la douleur existentielle et on intégrera la poésie politique de résistance antifasciste, pour autant qu’elle émane d’un auteur exilé. On s’interrogera sur les motifs qui poussèrent les auteurs exilés à écrire des poèmes en un temps qui pouvait sembler, comme l’a écrit Brecht, une « mauvaise époque pour la poésie ». L’expression poétique - qu’elle passe par le sonnet traditionnel ou les rythmes éclatés de l’avant-garde - contraint la langue dans des formes plus rigides que la prose. L’étude des poèmes mettra l’accent sur cette tension entre forme contrainte et contenu existentiel douloureux, maîtrise du verbe et expérience du chaos afin de comprendre la fonction spécifique de l’expression poétique pour les écrivains antinazis exilés.
Option B, civilisation : Le féminisme en Allemagne de ses débuts à 1933 On étudiera les mouvements d’émancipation féminine en Allemagne depuis leur institutionnalisation vers 1865 jusqu’à la dissolution de leurs organisations au tout début de la période national-socialiste. En reconstituant l’histoire des diverses associations, on analysera les principales théories qui fondent les revendications des femmes dans les domaines des droits économiques, éducatifs et politiques, et leurs actions collectives, et on mettra en évidence dans quelle mesure ces propositions de réforme pouvaient répondre à une demande plus large de la société allemande sous l’Empire et pendant la République de Weimar. On étudiera également l’évolution de ces revendications et de leur perception générale induites par l’expérience sociale de la Première Guerre mondiale puis par l’accès des femmes au droit de vote passif et actif. On tiendra compte de la distinction historiographique habituelle entre mouvement féministe dit « bourgeois » et engagement féministe au sein du mouvement ouvrier tout en analysant les convergences de fond et les différences théoriques et stratégiques entre ces deux orientations. Une place sera accordée à une approche sociologique des principales actrices et des principaux acteurs de ces mouvements de réforme.
Option C, linguistique : L’ouverture d’énoncé Le début (l’attaque, l’ouverture) de l’énoncé représente un point d’ancrage essentiel à plusieurs niveaux, notamment syntaxique, discursif et textuel. Il s’agira d’analyser les éléments ou les constituants situés en périphérie gauche au plan linéaire - « position 0 », « avant-première position », « Vor-Vorfeld », première position avant V2 (« Vorfeld ») - et de les envisager dans leurs liens avec la structuration de l’information (distinction thème/rhème dans les différentes acceptions de ces concepts, topicalisation, focalisation, etc.) et avec les stratégies discursives. On s’attachera à étudier le rôle majeur de l’ouverture d’énoncé dans l’organisation et l’argumentation textuelle (étude de l’enchaînement thématique, rôle des connecteurs, etc.). L’analyse permettra d’étudier la tension qui s’établit entre la structure sous-jacente de l’énoncé en allemand et la nécessaire linéarisation d’énoncés constitutifs du discours/texte.
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