Voir aussi le site du ministère (copier le lien) : http://www.education.gouv.fr/cid547…
ALLEMAND Depuis la session 2009 du concours, il appartient aux candidats de se conformer dans leurs productions écrites aux normes orthographiques désormais en vigueur en Allemagne (« nouvelle orthographe »). Les textes qui leur seront proposés (sujets de compositions, de commentaires et d’explications de textes, textes de version) respecteront l’orthographe de l’éditeur. Les citations dans les travaux remis au jury seront acceptées soit dans l’orthographe de l’auteur, soit dans une transcription respectueuse des règles actuelles, sous réserve de cohérence.
1. Alfred Döblin, Berlin Alexanderplatz. Die Geschichte vom Franz Biberkopf, Roman, DTV, 2009, ISBN : 978-3-423-00295-0 Berlin Alexanderplatz, paru en 1929, sera replacé dans son contexte historique, social et littéraire. On étudiera le regard que porte l’écrivain sur la réalité kaléidoscopique de la grande ville moderne et on s’efforcera de dégager sa conception du « héros » confronté à lui-même et aux obstacles que la vie dresse devant lui. On s’interrogera sur le projet avoué de Döblin de créer une « œuvre épique ». On consacrera une attention particulière à l’architecture et à la composition du roman, aux formes d’écriture et aux techniques narratives. On pourra tirer profit des adaptations à l’écran de ce roman de la modernité par Piel Jutzi (1931) et par Rainer Werner Fassbinder (1980) ; toutefois les sujets (d’écrit ou d’oral) porteront sur le texte de Döblin.
2. Heinrich von Kleist : Prinz Friedrich von Homburg, RUB 178, ISBN : 978-3-15-000178-3 et Die Hermannsschlacht, RUB 348, ISBN : 978-3-15-000348-0 Profondément affecté par la défaite infligée aux armées austro-prussiennes par Napoléon, Kleist s’engage dans la résistance à travers ces deux drames. En prenant pour sujets deux importants jalons de la conscience historique allemande (la victoire d’Arminius contre les Romains en l’an 9 après J.-C. et celle du grand électeur de Brandebourg contre les Suédois, à Fehrbellin, en 1675), l’auteur entend mobiliser ses compatriotes et apporter sa contribution au mouvement de redressement national. Cet ancrage historique des deux drames retiendra particulièrement l’attention et l’articulation entre les différentes strates temporelles servira de base à leur étude. Au-delà de leurs convergences thématiques et idéologiques, les deux œuvres seront aussi considérées dans leur spécificité, chacune abordant la problématique historique sous un angle propre. Si la question nationale occupe une place prépondérante dans Die Hermannsschlacht, en prise directe avec l’actualité historique, elle est complétée par d’autres thématiques dans Prinz Friedrich von Homburg, qui en élargissent l’approche. On songera notamment au motif/leitmotiv kleistien du rêve, à l’analyse des rapports entre l’individu et la société, à la réflexion sur l’État et sur le droit, à la crise du sujet. Il conviendra, enfin, d’accorder toute la place qui lui revient à la dimension proprement théâtrale des œuvres et de s’interroger sur la notion de drame historique dont ces deux pièces, héritières d’une importante tradition, sont aussi l’illustration.
3. L’Empire austro-hongrois : les enjeux de la présence allemande en Europe centrale (1867-1918) L’exclusion de l’Autriche du « corps germanique » à la suite de la défaite de Sadowa et de la paix de Prague a certes conduit à la réorganisation de l’empire d’Autriche en un Empire d’Autriche-Hongrie, mais aussi à un rééquilibrage au sein de l’espace germanique. De fait, on s’intéressera tant à l’évolution des rapports qu’entretiennent les deux Empires, austro-hongrois et allemand, dans la période considérée, qu’à la question de l’identité des Allemands en Cisleithanie. On étudiera notamment les formes que prend la persistance d’une communauté linguistique et culturelle au-delà des frontières des deux Empires ; on analysera aussi les conséquences de cette persistance sur l’organisation de la vie politique, qui se fonde alors de façon durable sur un tripartisme constituant paradoxalement une spécificité par rapport à l’Empire allemand. De même, dans le contexte d’exacerbation des nationalismes, la question des rapports entre les Allemands et les autres nationalités de Cisleithanie amènera également à porter une attention toute particulière aux conséquences à moyen et long terme qu’induit la structure austro-bohême de l’État « autrichien ». En conséquence, l’étude de la Hongrie sera envisagée essentiellement dans la perspective du « compromis de Budapest » : on se penchera sur les relations qui s’établissent à cette occasion entre les deux parties de l’Empire et sur leurs incidences dans le traitement de la question des nationalités en Cisleithanie. On s’attachera en revanche pleinement à la vocation danubienne de l’Autriche-Hongrie et à ses implications balkaniques qui, en exacerbant la rivalité austro-russe, sont à l’origine immédiate de la guerre de 1914. Enfin, on étudiera l’éclosion culturelle survenue dans le contexte qui a pu être décrit a posteriori comme une « Apocalypse joyeuse » - avant que les épreuves de la Guerre de 1914 ne débouchent sur la dissolution de l’Empire et son partage entre « États successeurs ». Ouvrage de référence : Eva Philipoff (Hg.), Die Doppelmonarchie Österreich-Ungarn. Ein politisches Lesebuch (1867-1918) / L’Autriche-Hongrie. Politique et culture à travers les textes (1867-1918), Presses universitaires du Septentrion 2001, ISBN-10 2-85939-739-6, ISBN-13 9782859397395.
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